Tous les articles classés dans : Evasion et culture

Yusuf Khan, Sher Bano, Adam Khan, Durkhanai et les autres…

Vous l’aurez peut-être remarqué en vous promenant sur le site de la boutique Gulshaan. Nos robes, nos tuniques et nos shalwar kameez portent des noms révélateurs de la collection, dont le décor est planté dans les montagnes afghano-pakistanaises. Si vous avez regardé avec un peu d’attention les fiches produits, vous avez vu que tous les noms étaient expliqués… Parfois le nom d’un endroit, parfois un mot, parfois le nom d’un personnage mythique. Par cette collection hommage, nous avons voulu mettre en avant la culture des montagnes, et notamment la culture pashtoune, méconnue ou mal connue, souvent associée aux difficiles événements de ces dernières années, présentée comme la communauté qui a engendré les Taliban*. Mais derrière cette façade, il y a une culture riche et vivace, qui perdure et se transmet de génération en génération. La culture pashtoune se vit profondément collectivement, et malgré la mondialisation et l’ouverture vers l’occident, ses valeurs ont été étonnamment préservées, sûrement en partie pour cette raison. Le pilier de la culture pashtoune est la notion d’honneur,  considéré comme le bien le plus précieux …

La terre a tremblé…

Vous n’êtes pas sans connaître l’ampleur des dégâts et des pertes humaines suite au tremblement de terre qui s’est produit au Népal le 25 avril, suivi par de nombreuses répliques. Nous vous parlons souvent du Pakistan, et en apprenant la triste nouvelle, nous nous sommes sentis comme liés à ce pays de l’autre extrémité de l’Himalaya, qui connaît la même rudesse géographique, le même mode de vie de ceux qui grandissent sur les pentes des plus hauts sommets du monde, la même pauvreté, malgré une culture et une religion différente. Cela n’a pas été non plus sans nous rappeler le tremblement de terre meurtrier de 2005 au Kashmir, qui avait traumatisé le Pakistan et le nord de l’Inde. Depuis dix ans déjà, on se raconte au Pakistan le souvenir de cette journée noire, quand la terre a tremblé. Nous profitons de cette actualité difficile pour vous parler d’une ONG dont nous avions rencontré la directrice, Stéphanie Selle, il y a quelques temps. Planète Enfants a été créé il y a déjà vingt-et-un ans, pour venir …

Ce doux parfum de roses…

Gulshaan, vous le savez, c’est le jardin de roses… Et aujourd’hui, nous avions envie de vous parler de ces fleurs, et de toute la symbolique qu’elles transportent… Si vous demandez à un pakistanais ce qu’évoque pour lui le parfum des roses, il vous répondra sûrement que c’est l’odeur du mariage et de la mort… Deux étapes clés entourées des douces effluves de ces fleurs. Car les roses décorent les murs et le lit de chambre nuptiale, laissant leur parfum flotter à l’intérieur pendant plusieurs jours, de la même façon que leurs pétales sont déposés sur les tombes nues et terreuses des défunts… Ce parfum reste et ne s’oublie pas, il demeure le rappel des moments heureux comme celui des jours tristes, il est l’accueil de la nouvelle mariée, et la perte d’un être cher. Au delà de ces moments clés de la vie, c’est dans la cuisine que l’on retrouve le parfum des roses, au gré des desserts, thés et autres sirops, un arôme unique, comme l’empreinte gustative de cette région du monde, mais ça, …

Hommage…

Une fois encore, notre doux jardin de roses est ébranlé par une réalité brutale. Suite à la disparition tragique de Sabeen Mahmud, militante engagée pour les droits de l’homme au Pakistan, et plus particulièrement depuis quelques temps dans la province du Balochistan, nous avons choisi notre façon à nous de lui rendre hommage, en vous faisant voyager en images dans cette province peu connue du sud ouest du Pakistan, à la frontière de l’Iran et de l’Afghanistan, un territoire rude aux hommes durs et fiers. Le Balochistan est la plus grande des provinces du Pakistan, c’est aussi celle dont la population est la plus pauvre, malgré ses nombreuses ressources minières. Cette province est tout simplement un trésor de paysages, c’est à se demander comment tout cela a pu trouver sa place en un seul endroit : montagnes enneigées, palmeraies de dattiers, désert de sable, gorges des rivières… Le Balochistan, c’est aussi cette culture traditionnelle riche, ces broderies, ces tenues colorées portées par des femmes tatouées au menton et sur le front, ce turban imposant porté …

L’accessoire déco venu d’Asie du Sud

Il est l’indispensable des maisons d’Asie du Sud, de l’Est de l’Afghanistan à l’Inde, nous avons nommé le charpaï. Littéralement en ourdou, hindi et punjabi, charpaï c’est quatre (char) pieds (pae). Ce lit de bois et de corde tressée est présent dans toutes les cours, dans toutes les maisons, devant toutes les portes, sur tous les toits. Il sert de lit d’appoint, de lit tout court, de canapé, il se transporte d’un bout à l’autre des maisons au gré du nombre d’invités et au rythme des saisons : en hiver il sera à l’intérieur, mais l’été les familles dormiront dans la fraîcheur de la cour ou du toit, sous les étoiles. Il se décline aussi en petits tabourets d’appoint, que les femmes utilisent pour s’accroupir dans les cuisines ou pour frotter le linge dans les bacs emplis d’eau. Les charpaïs sont faits de cordes tressés, ils sont donc très agréables dans la chaleur de l’été car ils laissent passer l’air entre leurs mailles. L’hiver, on rajoute une couverture dessus pour ne pas subir ces courants …

Le jour d’après…

Peu de mot pour décrire l’horreur à l’extrême, pour raconter, pour expliquer ce mélange d’émotions, entre douleur, dégoût, peur, tristesse, lassitude, mais honte aussi… Depuis hier sur les réseaux sociaux pakistanais, on peut lire cette phrase : « les plus petits cercueils sont les plus lourds », ou cette expression pashtoune : « quand ton enfant meurt, tu l’enterres dans ton coeur, il ne meurt vraiment que le jour où toi tu meurs », ou encore ce poème en ourdou : « Maman mon uniforme s’est tâché, ne me gronde pas, Maman mon uniforme s’est teinté de rouge, ne pleure pas », et aussi cet écran noir, qui exprime plus que les mots que l’on ne trouve plus, et enfin toute cette colère, ces cris de désespoir d’un peuple qui s’efforce chaque fois de faire difficilement, courageusement, un pas en avant, pour qu’on le ramène systématiquement dix pas en arrière. Les larmes de la douleur d’avoir dû enterrer ses frères et soeurs coulent encore, mais l’on doit déjà crier au monde que non, nous ne sommes pas eux, il y a un autre Pakistan, d’autres …