Tous les articles classés dans : Evasion et culture

Bridal Fashion Week au Pakistan, une semaine haute en couleurs…

Alors que les chaleurs écrasantes de l’été s’estompent et que l’air devient plus respirable, une fois les eaux des fortes pluies de la mousson évaporées, la saison des mariages commence au Pakistan. Partout les maisons s’ornent de guirlandes lumineuses et de fleurs. Il y a quelques jours se déroulait là-bas comme chaque année la Bridal Fashion Week, la Fashion Week « Mariage », où les designers nationaux présentaient leurs collections les plus travaillées. L’artisanat dans toute sa splendeur, car chaque pièce est faite main, comme nous vous le montrions récemment avec la tenue de mariée sur laquelle nous avons travaillé au Pakistan pour le tournage d’un film. Le défilé en image… Les mariages pakistanais sont généralement divisés en trois jours : le mehendi (jour du henné), où la mariée porte des vêtements simples, souvent dans les tons jaunes ou verts, le bharat (jour du nikah, mariage religieux) où la mariée quitte sa maison pour la maison de sa belle-famille, et le walima (jour où la belle-famille reçoit les invités chez elle). Même si le rouge reste la couleur …

Azerbaïdjan, Terre de tolérance : suite de nos pérégrinations avec le photographe Reza

Nous avons eu l’honneur d’être invitées le samedi 29 août par l’équipe de Reza à assister à une visite guidée par le photographe lui-même de son exposition « Azerbaïdjan, Terre de tolérance », une sélection de ses photos prises depuis une trentaine d’années dans ce pays en mutation, dont il a suivi toutes les étapes. L’Azerbaïdjan a une frontière iranienne, et Reza est né à Tabriz, en terre iranienne azeri, qui donc mieux que lui pour comprendre sa culture et ses codes et capter ses images les plus profondes… L’Azerbaïdjan a cette particularité d’abriter les trois religions monothéistes depuis des siècles, dans une cohabitation pacifique exceptionnelle faite de partage et de respect mutuel, que l’époque soviétique n’a pas ébranlée… C’est ce versant sur lequel Reza a choisi d’insister dans sa sélection de photos, en ces jours d’incompréhension réciproque, car oui cet idéal d’entente fraternelle existe bien quelque part, et ce serait en Azerbaïdjan… Pendant l’exposition, Reza nous commente les images avec l’humilité qui le caractérise, et qui a sans nulle doute contribué à lui ouvrir les portes …

Ikat, l’imprimé teint et noué aux accents d’orient…

Puisqu’en ce moment, nous parlons Route de la Soie et tissus imprimés, nous devons parler de cet imprimé caractéristique qui a longtemps été l’un des symboles des villes de Bukhara et Samarqand en Ouzbekistan, mais aussi de Kashgar en Chine occidentale. Plus que cela, ces imprimés continuent à influencer les imprimés des collections de tissu en Asie du Sud et du Sud-Est, comme une trace du passé… Initialement, le mot Ikat vient d’Indonésie « attacher, nouer », où il existe une forte culture de cette pratique. Ce mode de tissage et de teinture est également fortement pratiqué en Inde et au Japon notamment, mais également en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Cette appellation vient du fait que les fils sont teints avant d’être tissés. On fait des noeuds aux endroit qui doivent rester incolores pour que la teinture ne les atteigne pas, avant de plonger le tissu dans la teinture. Les couleurs sont apposées à intervalles précis, de sorte qu’au moment du tissage, les motifs apparaissent par la juxtaposition des parties colorées du fil. Les …

REZA : Afghanistan et Kurdistan sur Seine…

En ce moment sur les bords de Seine à Paris, ce sont des regards venus de très loin qui vous fixent du quai faisant face à celui du musée d’Orsay… Pour nous, le photographe iranien Reza est un symbole, c’est entre autres lui qui a donné un visage aux afghans, alors qu’on ne connaissait en occident que des terres désolées ravagées par la guerre et les silhouettes sans visage et sans nom des clandestins du square Villemin dans le 10ème arrondissement… Quelle fierté alors de voir le visage désormais célèbre de cette petite pashtoune aux yeux verts qui transpercent la capitale, dignement campée face au Musée d’Orsay et défiant les centaines de promeneurs qui défilent chaque jour sur le quai opposé. L’exposition en plein air Rêve d’humanité, que vous pourrez découvrir jusqu’au 15 octobre, présente aussi le travail plus récent que Reza a mené dans un camp de réfugié sous forme d’atelier de photographie avec des enfants syriens, qui ont été les témoins de leur quotidien dans le camp, immortalisant leur regard sur cette réalité…

Un mois de lumière touche à sa fin…

Un mois éprouvant s’achève pour les musulmans aux quatre coins du monde. En Inde et au Pakistan, ce mois a été marqué par des pics de chaleur sans précédent, qui ont fait des milliers de morts, notamment à cause de l’absence d’électricité jusque dans les hôpitaux et du manque d’accès aux soins et à l’eau potable. Malgré tout, ce mois si spécial est marqué de générosité, de solidarité et de partage. Dans les mosquées pleines et rayonnantes de guirlandes lumineuses, on s’est rassemblé chaque soir pour rompre le jeûne et accomplir les prières de taraweeh. Quelques images de part et d’autre de la frontière indo-pakistanaise…

Yusuf Khan, Sher Bano, Adam Khan, Durkhanai et les autres…

Vous l’aurez peut-être remarqué en vous promenant sur le site de la boutique Gulshaan. Nos robes, nos tuniques et nos shalwar kameez portent des noms révélateurs de la collection, dont le décor est planté dans les montagnes afghano-pakistanaises. Si vous avez regardé avec un peu d’attention les fiches produits, vous avez vu que tous les noms étaient expliqués… Parfois le nom d’un endroit, parfois un mot, parfois le nom d’un personnage mythique. Par cette collection hommage, nous avons voulu mettre en avant la culture des montagnes, et notamment la culture pashtoune, méconnue ou mal connue, souvent associée aux difficiles événements de ces dernières années, présentée comme la communauté qui a engendré les Taliban*. Mais derrière cette façade, il y a une culture riche et vivace, qui perdure et se transmet de génération en génération. La culture pashtoune se vit profondément collectivement, et malgré la mondialisation et l’ouverture vers l’occident, ses valeurs ont été étonnamment préservées, sûrement en partie pour cette raison. Le pilier de la culture pashtoune est la notion d’honneur,  considéré comme le bien le plus précieux …

La terre a tremblé…

Vous n’êtes pas sans connaître l’ampleur des dégâts et des pertes humaines suite au tremblement de terre qui s’est produit au Népal le 25 avril, suivi par de nombreuses répliques. Nous vous parlons souvent du Pakistan, et en apprenant la triste nouvelle, nous nous sommes sentis comme liés à ce pays de l’autre extrémité de l’Himalaya, qui connaît la même rudesse géographique, le même mode de vie de ceux qui grandissent sur les pentes des plus hauts sommets du monde, la même pauvreté, malgré une culture et une religion différente. Cela n’a pas été non plus sans nous rappeler le tremblement de terre meurtrier de 2005 au Kashmir, qui avait traumatisé le Pakistan et le nord de l’Inde. Depuis dix ans déjà, on se raconte au Pakistan le souvenir de cette journée noire, quand la terre a tremblé. Nous profitons de cette actualité difficile pour vous parler d’une ONG dont nous avions rencontré la directrice, Stéphanie Selle, il y a quelques temps. Planète Enfants a été créé il y a déjà vingt-et-un ans, pour venir …

Ce doux parfum de roses…

Gulshaan, vous le savez, c’est le jardin de roses… Et aujourd’hui, nous avions envie de vous parler de ces fleurs, et de toute la symbolique qu’elles transportent… Si vous demandez à un pakistanais ce qu’évoque pour lui le parfum des roses, il vous répondra sûrement que c’est l’odeur du mariage et de la mort… Deux étapes clés entourées des douces effluves de ces fleurs. Car les roses décorent les murs et le lit de chambre nuptiale, laissant leur parfum flotter à l’intérieur pendant plusieurs jours, de la même façon que leurs pétales sont déposés sur les tombes nues et terreuses des défunts… Ce parfum reste et ne s’oublie pas, il demeure le rappel des moments heureux comme celui des jours tristes, il est l’accueil de la nouvelle mariée, et la perte d’un être cher. Au delà de ces moments clés de la vie, c’est dans la cuisine que l’on retrouve le parfum des roses, au gré des desserts, thés et autres sirops, un arôme unique, comme l’empreinte gustative de cette région du monde, mais ça, …

Hommage…

Une fois encore, notre doux jardin de roses est ébranlé par une réalité brutale. Suite à la disparition tragique de Sabeen Mahmud, militante engagée pour les droits de l’homme au Pakistan, et plus particulièrement depuis quelques temps dans la province du Balochistan, nous avons choisi notre façon à nous de lui rendre hommage, en vous faisant voyager en images dans cette province peu connue du sud ouest du Pakistan, à la frontière de l’Iran et de l’Afghanistan, un territoire rude aux hommes durs et fiers. Le Balochistan est la plus grande des provinces du Pakistan, c’est aussi celle dont la population est la plus pauvre, malgré ses nombreuses ressources minières. Cette province est tout simplement un trésor de paysages, c’est à se demander comment tout cela a pu trouver sa place en un seul endroit : montagnes enneigées, palmeraies de dattiers, désert de sable, gorges des rivières… Le Balochistan, c’est aussi cette culture traditionnelle riche, ces broderies, ces tenues colorées portées par des femmes tatouées au menton et sur le front, ce turban imposant porté …

L’accessoire déco venu d’Asie du Sud

Il est l’indispensable des maisons d’Asie du Sud, de l’Est de l’Afghanistan à l’Inde, nous avons nommé le charpaï. Littéralement en ourdou, hindi et punjabi, charpaï c’est quatre (char) pieds (pae). Ce lit de bois et de corde tressée est présent dans toutes les cours, dans toutes les maisons, devant toutes les portes, sur tous les toits. Il sert de lit d’appoint, de lit tout court, de canapé, il se transporte d’un bout à l’autre des maisons au gré du nombre d’invités et au rythme des saisons : en hiver il sera à l’intérieur, mais l’été les familles dormiront dans la fraîcheur de la cour ou du toit, sous les étoiles. Il se décline aussi en petits tabourets d’appoint, que les femmes utilisent pour s’accroupir dans les cuisines ou pour frotter le linge dans les bacs emplis d’eau. Les charpaïs sont faits de cordes tressés, ils sont donc très agréables dans la chaleur de l’été car ils laissent passer l’air entre leurs mailles. L’hiver, on rajoute une couverture dessus pour ne pas subir ces courants …