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A wedding journey – Episode 2 – Histoire de Sameena

Nous sommes en novembre. Il fait nuit, et la fraîcheur monte doucement des champs de riz brûlés par le soleil. La journée est finie, plus un bruit ne vient à nous à part quelques oiseaux nocturnes. Nous sommes dans la cuisine, la pièce extérieure dans laquelle on fait le feu, entre femmes, alors que le reste de la maison est déjà couché. Nous sommes dans les mois qui précèdent le mariage de Sameena, et nous avons appris l’accord des deux familles il y a très peu de temps. Je demande à Sameena si elle a déjà vu son fiancé. Maryam ricane à côté de moi. J’ai posé la question taboue, je le sais, je l’ai fait exprès. Elle me répond qu’on lui a donné une photo. Elle ne sait pas vraiment dire si il lui plaît ou pas. Elle sait que c’est son promis, sa vie, celui qui sera à elle et à qui elle appartiendra toute sa vie. Sa mère est gentille, elle l’accueillera avec amour. Ses soeurs sont mariées, ses frères ont émigré. …

Slow Friday by Gulshaan #concours

Eeeeeeeeeeeeh stop ! Trop vite, trop massif, trop destructeur. Non, non, non, nous ne voulons et ne pouvons soutenir le Black Friday, ode à la surconsommation et créateur de besoins inutiles. Chaque année, l’industrie textile, l’une des plus polluantes au monde, jette 4 millions de tonnes de vêtements et en vend 5 millions. Elle consomme également des milliards de litres d’eau qu’elle rejette souvent polluée et toxique. Oui, bien sûr, cette journée est l’occasion quand vous avez réellement besoin de quelque chose. Mais elle pose alors la question du réel prix des choses et de la pertinence de la marge que se font les marques si elles ont la possibilité de baisser leur prix. Le modèle économique des grandes enseignes de fast fashion n’a d’issue que la croissance, et une croissance ne peut être infinie, elle est donc kamikaze.   Et si nous nous arrêtions un instant, et que nous revenions dans un passé pas si lointain ? Fût un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître, où l’on choisissait son tissu avec …

Une histoire de mariage – Episode 1

La saison des mariages commence au Pakistan. Nous avons d’abord pensé écumer les photos de défilés pour faire une sélection de looks, puis nous sommes tombées sur une campagne magnifique, celle de la collection mariées de Hussain Rehar, designer pakistanais de Lahore : Fateh Pur, Queens of Punjab. Les photos étaient tellement fortes qu’elles m’ont immédiatement projetée dans les mariages que j’avais vécus au Punjab pakistanais. Nous avons décidé d’en illustrer ces souvenirs, quelques histoires de femmes comme vous et nous. Nous sommes au Punjab, la région agricole du Pakistan. Même s’il s’agit de la région où le taux de scolarité est le plus important, les filles ne vont à l’école, dans le meilleur des cas, que jusqu’à la douzième classe, celle qui correspond au brevet des collèges. Toute leur éducation, ou presque, est destinée au mariage, et à pouvoir satisfaire un bon parti, car elle quitteront leur famille pour aller vivre dans la maison de leur belle-famille. Il leur faut un peu d’éducation, mais pas trop, pour qu’elle puisse se satisfaire de sa situation …

Une histoire de frontières #kashmir

Si la colonisation a fait des ravages sur le plan humain, éthique et culturel, la décolonisation a été lourde de conséquences, partout dans le monde. L’une des principales causes des conflits actuels est le tracé des frontières, effectué par les colons avant leur retraite. Au Pakistan, c’est le cas pour toutes les provinces du pays ou presque. En 1947, au retrait des Anglais, il est  finalement décidé, après moultes discussions et manifestations, de séparer l’ancien Empire Britannique en deux états distincts : L’Inde, à majorité hindoue, et le Pakistan, nouveau pays créé pour les musulmans, qui se déploiera sur les provinces à majorité musulmane. De nouvelles frontières sont donc tracées et les provinces pakistanaises créées : Khyber Pakhtunkhwa, Balochistan, Sindh, Punjab, et Bangladesh (ce dernier obtiendra son indépendance en 1971). Nous reviendrons plus tard au cas du Kashmir. Au Khyber Pakhtunkhwa, la ligne Durand, tracée par les Britanniques à leur départ, a séparé l’Afghanistan du nouveau Pakistan, coupant l’ethnie pashtoune en deux volontairement (et allant même jusqu’à couper les tribus les plus gênantes en deux pour les affaiblir). La …

Portraits de femmes : rencontrez notre équipe

Nous choisissons cette fin de semaine symbolique de la lutte pour les droits des femmes pour revenir sur l’exposition photo que nous avons présentée au mois de novembre lors de notre événement dans le Marais à Paris. Cette exposition photo mettait en lumière notre équipe de femmes au Pakistan. Aujourd’hui encore, en France comme dans le monde, la lutte continue pour les droits des femmes. Pour la dignité, et parfois même pour la survie de chacune. Le Pakistan s’imposait à nous de par la genèse du projet Gulshaan. Et là-bas, le travail des femmes encore plus. Parce qu’il n’est pas une option, mais parfois seulement une question de vie ou de mort. Dans cette société très collective basée sur le système familial, dans laquelle le clivage hommes-femmes est très fort, les femmes travaillent rarement, bien qu’elles aient une place très importante dans les familles et soient très respectées. Une grande partie de la population n’a pas encore accès à l’éducation, et celle des filles n’est pas toujours une priorité pour les familles qui ne voient …

Notre sélection à la Jakarta Fashion Week

S’il y avait ces derniers jours un grand rendez-vous de la mode mondiale à ne pas manquer, c’était bien la Fashion Week de Jakarta, où défilent chaque année des créateurs indonésiens bien sûr, mais aussi étrangers, notamment indiens ou coréens. Cette année, la Fashion Week se déroulait du 24 au 30 octobre en Indonésie. Des défilés très inspirants pour une marque inscrite dans le courant de la modest fashion comme Gulshaan, et un mélange des genres et des influences qui nous parle tout particulièrement. Ci dessous une difficile sélection parmi les magnifiques créations que le public a pu y découvrir…

London by Gulshaan

Si une partie de notre cœur est au Pakistan, une autre partie est très logiquement en Angleterre, où l’équipe se ressource régulièrement, pour des raisons professionnelles autant que familiales. Londres devient celle que nous sommes capables de voir en elle, ou que nous voulons voir… Notre point d’ancrage est l’Est de Londres, non loin de la légendaire Green Street connue jusqu’au Pakistan. Dans une petite rue où un village du Pakistan que nous connaissons si bien s’est recréé… Un Londres dans Londres, dans lequel on parle plus ourdou qu’anglais, et où mieux vaut savoir le lire. C’est cette langue qui, ici, rassemble les communautés du Pakistan, d’Inde, d’Afghanistan et du Bangladesh. Un endroit où les grillades ont le même goût qu’en plein coeur du bazaar de Lahore, et où le shalwar kameez est le vêtement local… En Angleterre s’est inventé une mode indo-pakistanaise parallèle, qui ne suit pas forcément les codes d’origine. Alors qu’au Pakistan, ce sont les designers textiles sur le coton et le lin qui sont les maîtres du domaine de la mode, on privilégie …

Gulshaan on the runway au IMFDF Festival de Toronto le 22 août…

Le 22 août, Gulshaan était de l’autre côté de l’Atlantique, et plus exactement à Toronto au Canada, pour un grand événement international annuel, le IMFDF Festival de Toronto, avec de nombreux acteurs du « modest fashion » mondiale. Étaient présents neuf créateurs pour le défilé organisé par CMB, dont Gulshaan. Mise en lumière de la marque sous de nouveaux projecteurs donc, devant un public international fin connaisseur de la modest fashion… Les autres designers venaient, entre autres, des Etats-Unis, de Malaisie et de Dubaï. La suite en images. Pour l’événement, nous avions sélectionné trois tenues parmi nos créations (étape difficile !) : la robe Shehzadi, avec son plastron de broderie faite-main inspirée du style afghan, la robe façon portefeuille Shahnaz, et enfin notre longue tunique bestseller Khwaab. Nos trois tenues ont été magnifiquement bien portées et mises en valeurs par les mannequins du défilé. Belle expérience et et superbe accueil pour Gulshaan. De nouvelles perspectives également pour la marque… La suite bientôt…

REZA : Afghanistan et Kurdistan sur Seine…

En ce moment sur les bords de Seine à Paris, ce sont des regards venus de très loin qui vous fixent du quai faisant face à celui du musée d’Orsay… Pour nous, le photographe iranien Reza est un symbole, c’est entre autres lui qui a donné un visage aux afghans, alors qu’on ne connaissait en occident que des terres désolées ravagées par la guerre et les silhouettes sans visage et sans nom des clandestins du square Villemin dans le 10ème arrondissement… Quelle fierté alors de voir le visage désormais célèbre de cette petite pashtoune aux yeux verts qui transpercent la capitale, dignement campée face au Musée d’Orsay et défiant les centaines de promeneurs qui défilent chaque jour sur le quai opposé. L’exposition en plein air Rêve d’humanité, que vous pourrez découvrir jusqu’au 15 octobre, présente aussi le travail plus récent que Reza a mené dans un camp de réfugié sous forme d’atelier de photographie avec des enfants syriens, qui ont été les témoins de leur quotidien dans le camp, immortalisant leur regard sur cette réalité…

A la découverte des bracelets de verre…

Aujourd’hui nous voulions vous raconter l’histoire des bracelets de verre. Ces bracelets ronds que l’on porte par douzaines sont devenus en occident le symbole de bollywood. Pourtant, plus ou moins travaillés, ils sont depuis longtemps la parure simple de toutes les femmes d’Asie du Sud, loin des projecteurs de Bombay. L’industrie du bracelet de verre est née à Ferozabad, dans l’état de l’Uttar Pradesh, en Inde, état à majorité musulmane, bastion de la poésie et de la littérature ourdou et persane. A la partition en 1947, quand des milliers de musulmans quittèrent leurs terres pour le nouveau Pakistan, le « pays des purs », alors que dans le sens inverse les sikhs et les hindous rejoignaient en masse le territoire amoindrit de « l’Hindustan », « pays des hindous », la communauté de ceux qui avaient appris à manier le verre fondu pour en faire ces bracelets au son si particulier se retrouvèrent aux alentours de la ville d’Hyderabad, à proximité de Karachi, dans le sud du Pakistan. La ville devint peu à peu la ville traditionnelle pakistanaise du travail des …