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Nowruz, le nouvel an perse qui fait le printemps

Il est un calendrier qui suit le soleil, mais est au plus proche de la terre et des saisons, et célèbre l’entrée dans chacune d’elle. Parmi elle, la plus belle, celle qui symbolise le renouveau et la renaissance de toute chose. La fête de passage printemps a survécu à toutes les époques, et même à l’arrivée du christianisme et à l’avènement de l’islam. Depuis près de 3000 ans, des Balkans à la mer Noire, de l’Asie centrale au Moyen Orient, des centaines de millions de gens célèbrent le printemps, qui marque le nouvel an perse. Appelé Nowruz, le jour nouveau est généralement célébré le 21 mars, premier jour du printemps, selon le calendrier persan solaire, basé sur le mouvement de la terre autour du soleil. Le premier jour de l’année persane correspond à l’équinoxe vernal. Pendant les siècles de règne musulman des Moghols, de l’Afghanistan jusqu’aux confins de l’Inde, Nowruz était fêté en grandes pompes, le persan étant la langue de la cour et toute chose issue de la culture persane étant considéré comme le plus …

« Mere paas tum ho », la goutte de trop pour une révolution qui gronde #auratmarch

Il y a d’abord eu, en août 2019, ce nouveau drama à la télévision pakistanaise : Mere paas tum ho (Tu es avec moi, ou tu m’appartiens, selon la traduction car le verbe avoir n’existe pas en langue ourdou). Le premier épisode rassemble les foules, et petit à petit, l’audience grossit, jusqu’à devenir un phénomène, et finalement la série télévisée la plus regardée de toute l’histoire des séries pakistanaises. Casting bien choisi, stars du petit écran, un enfant révélation, tous les ingrédients du succès sont là. Pendant les premiers épisodes, on a un peu de mal à comprendre la morale vers laquelle essaiera de tendre le drama : un couple de classe moyenne avec leur enfant, famille nucléaire dans sa routine à Karachi, le mari qui travaille comme fonctionnaire (exemplarité de droiture puisqu’il refuse les pots-de-vin), la femme à la maison qui s’occupe de leur fils de 6 ans et qui s’ennuie ferme. Ils ont fait un mariage d’amour il y a sept ans après s’être rencontrés à l’université, le mari montre un amour très …

A wedding journey – Episode 2 – Histoire de Sameena

Nous sommes en novembre. Il fait nuit, et la fraîcheur monte doucement des champs de riz brûlés par le soleil. La journée est finie, plus un bruit ne vient à nous à part quelques oiseaux nocturnes. Nous sommes dans la cuisine, la pièce extérieure dans laquelle on fait le feu, entre femmes, alors que le reste de la maison est déjà couché. Nous sommes dans les mois qui précèdent le mariage de Sameena, et nous avons appris l’accord des deux familles il y a très peu de temps. Je demande à Sameena si elle a déjà vu son fiancé. Maryam ricane à côté de moi. J’ai posé la question taboue, je le sais, je l’ai fait exprès. Elle me répond qu’on lui a donné une photo. Elle ne sait pas vraiment dire si il lui plaît ou pas. Elle sait que c’est son promis, sa vie, celui qui sera à elle et à qui elle appartiendra toute sa vie. Sa mère est gentille, elle l’accueillera avec amour. Ses soeurs sont mariées, ses frères ont émigré. …

Une histoire de mariage – Episode 1

La saison des mariages commence au Pakistan. Nous avons d’abord pensé écumer les photos de défilés pour faire une sélection de looks, puis nous sommes tombées sur une campagne magnifique, celle de la collection mariées de Hussain Rehar, designer pakistanais de Lahore : Fateh Pur, Queens of Punjab. Les photos étaient tellement fortes qu’elles m’ont immédiatement projetée dans les mariages que j’avais vécus au Punjab pakistanais. Nous avons décidé d’en illustrer ces souvenirs, quelques histoires de femmes comme vous et nous. Nous sommes au Punjab, la région agricole du Pakistan. Même s’il s’agit de la région où le taux de scolarité est le plus important, les filles ne vont à l’école, dans le meilleur des cas, que jusqu’à la douzième classe, celle qui correspond au brevet des collèges. Toute leur éducation, ou presque, est destinée au mariage, et à pouvoir satisfaire un bon parti, car elle quitteront leur famille pour aller vivre dans la maison de leur belle-famille. Il leur faut un peu d’éducation, mais pas trop, pour qu’elle puisse se satisfaire de sa situation …

La France black blanc beur nous a trahis #coupedumonde

Pour celles et ceux qui étaient assez âgés à l’époque pour se souvenir, nous avons tous un souvenir très précis et inébranlable de la coupe du monde 1998, et de l’euphorie dans laquelle nous nous sommes sentis plonger. Des marées populaires, le drapeau français arboré fièrement alors qu’on ne nous apprend pas particulièrement en France le sentiment patriotique, et que la Marseillaise (mais qu’on nous change ces paroles !!!) n’est pas apprise à l’école. Et soudainement le sentiment d’appartenir à quelque chose, à un groupe fort et indivisible, dans lequel chacun aurait sa place. Un espoir fou. On nous parle à l’époque d’une France black blanc beur, on prend conscience de la réalité de la population, elle est noire, blanche, arabe, musulmane aussi, tout cela c’est la France. Et on se prend à rêver de ce qu’on pourrait devenir si on est tous ensemble. Mais 20 ans se sont écoulés. Zizou a donné son fameux coup de tête, « sa culture du quartier » l’a rattrapé, et le beur du black blanc beur est redevenu suspect de …

Dangal, ou l’hymne à la libération des femmes indiennes

Si nous parlons bollywood aujourd’hui, c’est parce-que le film que nous évoquons, qui traite de l’émancipation des femmes indiennes par le sport, en l’occurence la lutte, n’a rien des clichés classiques de l’industrie cinématographique de Mumbai. Tout d’abord parce-que nous connaissons Aamir Khan, acteur et également producteur du film, comme un anti-héros bollywoodien en tant qu’acteur. En tant que producteur, il a abordé des sujets très profonds : notamment l’autisme dans Taare Zameen Par, et les relations entre les religions dans PK. Ensuite, parce-que ce film met une petite raclée à Salman Khan, qui est pour le coup un cliché du « héros bollywoodien qui reste éternellement jeune premier », récemment à l’affiche dans Sultan, film traitant aussi de la lutte. Ensuite parce que le film met en avant des actrices qui n’appartiennent pas à la scène habituelle de bollywood, et qui ne sont pas issues de ces grandes familles du cinéma hindi, milieu non épargné par le système des clans et des castes. Et enfin, ce qui a titillé notre féminisme, et qui fait que nous …

Gulshaan bientôt sur les écrans de cinéma…

Récemment, l’équipe Gulshaan a travaillé sur un nouveau projet, dont nous ne pouvons pas encore tout vous dévoiler. Mais nous pouvons déjà vous dire que vous verrez certaines tenues Gulshaan au cinéma l’année prochaine, puisque nous avons participé cet été au tournage d’un film. En plus de certaines tenues de la première collection et de la collection d’été que vous avez pu trouver en boutique et que vous retrouverez portées par les actrices du film, nous avons également travaillé avec notre équipe au Pakistan sur une commande sur mesure de la part de l’équipe de production : une sublime tenue de mariée pakistanaise destinée à l’une des scènes principales du film. Notre équipe a effectué un véritable travail de fourmi pendant plusieurs semaines pour broder à la main chaque perle de ce bijou, du large et lourd voile pourtant si fluide au col et aux bordures de la tunique assortie de son pantalon… Tout était magnifique, juste, si précis qu’on en avait peur de la toucher… Une petite merveille qui a fini dans l’une des scènes clé du film… Le tissu …

Azerbaïdjan, Terre de tolérance : suite de nos pérégrinations avec le photographe Reza

Nous avons eu l’honneur d’être invitées le samedi 29 août par l’équipe de Reza à assister à une visite guidée par le photographe lui-même de son exposition « Azerbaïdjan, Terre de tolérance », une sélection de ses photos prises depuis une trentaine d’années dans ce pays en mutation, dont il a suivi toutes les étapes. L’Azerbaïdjan a une frontière iranienne, et Reza est né à Tabriz, en terre iranienne azeri, qui donc mieux que lui pour comprendre sa culture et ses codes et capter ses images les plus profondes… L’Azerbaïdjan a cette particularité d’abriter les trois religions monothéistes depuis des siècles, dans une cohabitation pacifique exceptionnelle faite de partage et de respect mutuel, que l’époque soviétique n’a pas ébranlée… C’est ce versant sur lequel Reza a choisi d’insister dans sa sélection de photos, en ces jours d’incompréhension réciproque, car oui cet idéal d’entente fraternelle existe bien quelque part, et ce serait en Azerbaïdjan… Pendant l’exposition, Reza nous commente les images avec l’humilité qui le caractérise, et qui a sans nulle doute contribué à lui ouvrir les portes …

Ikat, l’imprimé teint et noué aux accents d’orient…

Puisqu’en ce moment, nous parlons Route de la Soie et tissus imprimés, nous devons parler de cet imprimé caractéristique qui a longtemps été l’un des symboles des villes de Bukhara et Samarqand en Ouzbekistan, mais aussi de Kashgar en Chine occidentale. Plus que cela, ces imprimés continuent à influencer les imprimés des collections de tissu en Asie du Sud et du Sud-Est, comme une trace du passé… Initialement, le mot Ikat vient d’Indonésie « attacher, nouer », où il existe une forte culture de cette pratique. Ce mode de tissage et de teinture est également fortement pratiqué en Inde et au Japon notamment, mais également en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Cette appellation vient du fait que les fils sont teints avant d’être tissés. On fait des noeuds aux endroit qui doivent rester incolores pour que la teinture ne les atteigne pas, avant de plonger le tissu dans la teinture. Les couleurs sont apposées à intervalles précis, de sorte qu’au moment du tissage, les motifs apparaissent par la juxtaposition des parties colorées du fil. Les …

A la découverte des bracelets de verre…

Aujourd’hui nous voulions vous raconter l’histoire des bracelets de verre. Ces bracelets ronds que l’on porte par douzaines sont devenus en occident le symbole de bollywood. Pourtant, plus ou moins travaillés, ils sont depuis longtemps la parure simple de toutes les femmes d’Asie du Sud, loin des projecteurs de Bombay. L’industrie du bracelet de verre est née à Ferozabad, dans l’état de l’Uttar Pradesh, en Inde, état à majorité musulmane, bastion de la poésie et de la littérature ourdou et persane. A la partition en 1947, quand des milliers de musulmans quittèrent leurs terres pour le nouveau Pakistan, le « pays des purs », alors que dans le sens inverse les sikhs et les hindous rejoignaient en masse le territoire amoindrit de « l’Hindustan », « pays des hindous », la communauté de ceux qui avaient appris à manier le verre fondu pour en faire ces bracelets au son si particulier se retrouvèrent aux alentours de la ville d’Hyderabad, à proximité de Karachi, dans le sud du Pakistan. La ville devint peu à peu la ville traditionnelle pakistanaise du travail des …