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Dangal, ou l’hymne à la libération des femmes indiennes

Si nous parlons bollywood aujourd’hui, c’est parce-que le film que nous évoquons, qui traite de l’émancipation des femmes indiennes par le sport, en l’occurence la lutte, n’a rien des clichés classiques de l’industrie cinématographique de Mumbai. Tout d’abord parce-que nous connaissons Aamir Khan, acteur et également producteur du film, comme un anti-héros bollywoodien en tant qu’acteur. En tant que producteur, il a abordé des sujets très profonds : notamment l’autisme dans Taare Zameen Par, et les relations entre les religions dans PK. Ensuite, parce-que ce film met une petite raclée à Salman Khan, qui est pour le coup un cliché du « héros bollywoodien qui reste éternellement jeune premier », récemment à l’affiche dans Sultan, film traitant aussi de la lutte. Ensuite parce que le film met en avant des actrices qui n’appartiennent pas à la scène habituelle de bollywood, et qui ne sont pas issues de ces grandes familles du cinéma hindi, milieu non épargné par le système des clans et des castes. Et enfin, ce qui a titillé notre féminisme, et qui fait que nous …

Une journée de shooting à Belleville… #behindthescenes

Ce dimanche 6 novembre, tôt le matin, c’est sur les hauts de Belleville à Paris que s’était donnée rendez-vous l’équipe Gulshaan, pour une journée de shooting de la nouvelle collection, Tribal Diaries in Paris. Belleville, parce que c’est un quartier comme un village, dans lequel se croisent et se mélangent les cultures, comme chez Gulshaan. Parce qu’à travers la collection, rencontre entre la culture tribale d’Afghanistan et la vie citadine parisienne, nous voulions avant tout faire transparaître l’authenticité. Et parce que pour nous, Belleville représente un peu l’authentique Paris.      Le soleil léchait doucement de ses rayons les arbres flamboyants du parc qui s’étendaient comme un manteau juste en dessous du belvédère de la rue Piat, et au loin, Paris et ses toits gris s’étirait à l’infini. Il était tôt, l’air était frais, et l’ambiance était au tai chi et au ping pong dans tout le parc. Des groupes de Chinois s’étaient formés un peu partout, nous avons même eu de la musique chinoise en ambiance de fond toute la journée à côté de …

Nous avons représenté Paris pour le Modest Fashion international

Nous y étions… Mais nous avons mis quelques semaines à digérer cet événement et à nous rendre compte de son impact. Gulshaan avait été invité à se joindre à la première Modest Fashion Week internationale en mai dernier en Turquie. Nous avions l’honneur d’être la seule marque française présente à Istanbul pour l’occasion, et la pression n’en était que plus grande. L’événement a été intense, magique, plein de rencontres et de reconnaissance. C’était l’aboutissement de mois de travail et de préparation. Puis de retour à Paris, exténuée, l’équipe s’est remise au travail, s’est replongée dans son quotidien parisien : shooting de la nouvelle collection, préparation de l’événement Labo International qui a eu lieu à la Halle des Blancs Manteaux dans le quartier du Marais à Paris en juin, design de la future collection, tri des tissus. Dans ce tourbillon sans fin, le blog a été un peu mis de côté, et nous n’avons pas eu le temps de vous raconter Istanbul. Nous le faisons aujourd’hui, car c’est avec le recul que nous prenons conscience de l’importance de …

Pakistan : sur le toit du monde…

Entre le lancement de la nouvelle collection de bijoux et de châles et celui de notre collection d’hiver, Season of Aman, cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu l’occasion de voyager sur le blog, et cela nous manquait un peu pour tout vous dire… Puisque la saison s’y prête, mais que nous manquons de neige en Europe cette année, nous avons eu envie de partir en voyage virtuel sur les plus hauts sommets du monde, au Pakistan. Car le pays abrite cinq des sommets de plus de 8000 m que compte le globe, et 108 sommets de plus de 7000 m d’altitude. Différents massifs montagneux se partagent ces sommets : l’Himalaya, le Karakorum et l’Hindu Kush. Une région à part, préservée, intouchable, sauf par les alpinistes (qui y ont souvent laissé leur vie) et les amateurs de trecks confirmés qui sont pratiquement les seuls rares touristes actuels au Pakistan. Une région également dont les habitants vivent coupés du monde, inaccessibles pendant les longs mois d’hiver, parlent des langues rares et perpétuent des traditions très anciennes …

London by Gulshaan

Si une partie de notre cœur est au Pakistan, une autre partie est très logiquement en Angleterre, où l’équipe se ressource régulièrement, pour des raisons professionnelles autant que familiales. Londres devient celle que nous sommes capables de voir en elle, ou que nous voulons voir… Notre point d’ancrage est l’Est de Londres, non loin de la légendaire Green Street connue jusqu’au Pakistan. Dans une petite rue où un village du Pakistan que nous connaissons si bien s’est recréé… Un Londres dans Londres, dans lequel on parle plus ourdou qu’anglais, et où mieux vaut savoir le lire. C’est cette langue qui, ici, rassemble les communautés du Pakistan, d’Inde, d’Afghanistan et du Bangladesh. Un endroit où les grillades ont le même goût qu’en plein coeur du bazaar de Lahore, et où le shalwar kameez est le vêtement local… En Angleterre s’est inventé une mode indo-pakistanaise parallèle, qui ne suit pas forcément les codes d’origine. Alors qu’au Pakistan, ce sont les designers textiles sur le coton et le lin qui sont les maîtres du domaine de la mode, on privilégie …

Bridal Fashion Week au Pakistan, une semaine haute en couleurs…

Alors que les chaleurs écrasantes de l’été s’estompent et que l’air devient plus respirable, une fois les eaux des fortes pluies de la mousson évaporées, la saison des mariages commence au Pakistan. Partout les maisons s’ornent de guirlandes lumineuses et de fleurs. Il y a quelques jours se déroulait là-bas comme chaque année la Bridal Fashion Week, la Fashion Week « Mariage », où les designers nationaux présentaient leurs collections les plus travaillées. L’artisanat dans toute sa splendeur, car chaque pièce est faite main, comme nous vous le montrions récemment avec la tenue de mariée sur laquelle nous avons travaillé au Pakistan pour le tournage d’un film. Le défilé en image… Les mariages pakistanais sont généralement divisés en trois jours : le mehendi (jour du henné), où la mariée porte des vêtements simples, souvent dans les tons jaunes ou verts, le bharat (jour du nikah, mariage religieux) où la mariée quitte sa maison pour la maison de sa belle-famille, et le walima (jour où la belle-famille reçoit les invités chez elle). Même si le rouge reste la couleur …

Commerce équitable, développement durable et initiatives solidaires, nouvelle chronique !

Gulshaan est un atelier de création et une marque de prêt-à-porter et d’accessoires, mais pas seulement. C’est aussi tout un projet qui porte une dimension sociale, éthique, et qui se veut inscrit dans une démarche équitable. Nous n’avons pas choisi le Pakistan comme lieu pour faire coudre nos créations. Au contraire, c’est lui qui s’est imposé à nous, car il était une part de notre identité, que nous étions imprégnés de sa culture, mais aussi parce que nous connaissions très bien les difficultés locales au niveau social. Aujourd’hui, la mode aussi peut avoir un sens, porter des messages et jouer un rôle social. Il ne s’agit pas seulement de paillettes et de futilités. Nous souhaitions travailler avec les femmes pakistanaises particulièrement, parce qu’à ce jour les initiatives qui leur permettent d’accéder au monde du travail sont rares, et quand il est vital qu’elles travaillent pour survivre, aucune entreprise n’est en mesure de les accueillir. Surprotégées par leur famille, elle sont beaucoup moins scolarisées que les garçons. Quand c’est le cas, elles vont rarement au delà des …

Azerbaïdjan, Terre de tolérance : suite de nos pérégrinations avec le photographe Reza

Nous avons eu l’honneur d’être invitées le samedi 29 août par l’équipe de Reza à assister à une visite guidée par le photographe lui-même de son exposition « Azerbaïdjan, Terre de tolérance », une sélection de ses photos prises depuis une trentaine d’années dans ce pays en mutation, dont il a suivi toutes les étapes. L’Azerbaïdjan a une frontière iranienne, et Reza est né à Tabriz, en terre iranienne azeri, qui donc mieux que lui pour comprendre sa culture et ses codes et capter ses images les plus profondes… L’Azerbaïdjan a cette particularité d’abriter les trois religions monothéistes depuis des siècles, dans une cohabitation pacifique exceptionnelle faite de partage et de respect mutuel, que l’époque soviétique n’a pas ébranlée… C’est ce versant sur lequel Reza a choisi d’insister dans sa sélection de photos, en ces jours d’incompréhension réciproque, car oui cet idéal d’entente fraternelle existe bien quelque part, et ce serait en Azerbaïdjan… Pendant l’exposition, Reza nous commente les images avec l’humilité qui le caractérise, et qui a sans nulle doute contribué à lui ouvrir les portes …

Ikat, l’imprimé teint et noué aux accents d’orient…

Puisqu’en ce moment, nous parlons Route de la Soie et tissus imprimés, nous devons parler de cet imprimé caractéristique qui a longtemps été l’un des symboles des villes de Bukhara et Samarqand en Ouzbekistan, mais aussi de Kashgar en Chine occidentale. Plus que cela, ces imprimés continuent à influencer les imprimés des collections de tissu en Asie du Sud et du Sud-Est, comme une trace du passé… Initialement, le mot Ikat vient d’Indonésie « attacher, nouer », où il existe une forte culture de cette pratique. Ce mode de tissage et de teinture est également fortement pratiqué en Inde et au Japon notamment, mais également en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Cette appellation vient du fait que les fils sont teints avant d’être tissés. On fait des noeuds aux endroit qui doivent rester incolores pour que la teinture ne les atteigne pas, avant de plonger le tissu dans la teinture. Les couleurs sont apposées à intervalles précis, de sorte qu’au moment du tissage, les motifs apparaissent par la juxtaposition des parties colorées du fil. Les …

REZA : Afghanistan et Kurdistan sur Seine…

En ce moment sur les bords de Seine à Paris, ce sont des regards venus de très loin qui vous fixent du quai faisant face à celui du musée d’Orsay… Pour nous, le photographe iranien Reza est un symbole, c’est entre autres lui qui a donné un visage aux afghans, alors qu’on ne connaissait en occident que des terres désolées ravagées par la guerre et les silhouettes sans visage et sans nom des clandestins du square Villemin dans le 10ème arrondissement… Quelle fierté alors de voir le visage désormais célèbre de cette petite pashtoune aux yeux verts qui transpercent la capitale, dignement campée face au Musée d’Orsay et défiant les centaines de promeneurs qui défilent chaque jour sur le quai opposé. L’exposition en plein air Rêve d’humanité, que vous pourrez découvrir jusqu’au 15 octobre, présente aussi le travail plus récent que Reza a mené dans un camp de réfugié sous forme d’atelier de photographie avec des enfants syriens, qui ont été les témoins de leur quotidien dans le camp, immortalisant leur regard sur cette réalité…