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Azerbaïdjan, Terre de tolérance : suite de nos pérégrinations avec le photographe Reza

Nous avons eu l’honneur d’être invitées le samedi 29 août par l’équipe de Reza à assister à une visite guidée par le photographe lui-même de son exposition « Azerbaïdjan, Terre de tolérance », une sélection de ses photos prises depuis une trentaine d’années dans ce pays en mutation, dont il a suivi toutes les étapes. L’Azerbaïdjan a une frontière iranienne, et Reza est né à Tabriz, en terre iranienne azeri, qui donc mieux que lui pour comprendre sa culture et ses codes et capter ses images les plus profondes…

L’Azerbaïdjan a cette particularité d’abriter les trois religions monothéistes depuis des siècles, dans une cohabitation pacifique exceptionnelle faite de partage et de respect mutuel, que l’époque soviétique n’a pas ébranlée… C’est ce versant sur lequel Reza a choisi d’insister dans sa sélection de photos, en ces jours d’incompréhension réciproque, car oui cet idéal d’entente fraternelle existe bien quelque part, et ce serait en Azerbaïdjan…

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Pendant l’exposition, Reza nous commente les images avec l’humilité qui le caractérise, et qui a sans nulle doute contribué à lui ouvrir les portes de l’intimité de gens du monde entier… Cette photo d’abord, que l’on comprend au premier abord comme étant celle d’un banquet devant une église. Reza nous explique qu’en arrivant sur le lieu, il a cru à un repas de noces organisé par l’église. On lui explique que non, nous sommes pendant le mois de Ramadan. Reza ne comprend pas… Nous sommes pendant le mois de Ramadan, et donc, comme chaque année l’église de ce village a invité les habitants musulmans à partager un repas pour la rupture du jeûne. En regardant de plus près on distingue effectivement les mains levées des fidèles en train de faire des invocations avant le repas. Toutes les autres mains restées baissées sont celles des chrétiens qui se sont joints au repas, dont le prêtre.

Plus loin, le repas partagé par les représentants des trois religions à l’occasion de la fête de Nowroz, le début du printemps, fêté dans tout l’ancien empire perse…

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Cette photo aussi d’une femme artiste dont on ne voit que la chevelure rousse, assise dans un cimetière, magnifique.

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Reza nous élargit les images, nous raconte ce que le cadre n’a pas capté : « Vous voyez le prêtre et les rabbins en train de partager le pain, c’est symbolique, mais à droite ici (il montre le mur à droite de la photo), et à gauche, il y avait aussi des musulmans ».

Cette photo encore, d’une grand-mère chrétienne tenant la main de sa petite fille portant un cierge avec cette même main : « C’est l’image même de la transmission » nous dit Reza.

Cette photo aussi d’une enfant et de ballons colorés devant le remparts du fort de Bakou. Image très symbolique du chemin parcouru par ce pays, qui avance malgré ses blessures, celles de l’occupation soviétique, mais aussi celles de la guerre avec l’Arménie… Reza nous explique qu’il y a des années, à l’époque soviétique, il a pris la même photo, mais qu’à la place se tenaient un char et des soldats russes.

De ces voyages en Azerbaïdjan (le premier en 1987, suivi de bien d’autres), Reza a tiré deux livres : « L’élégance du feu » (Azerbaïdjan signifie terre de feu : des flammes naturelles surgissent de la terre à cause du gaz présent) recueil poétique dans lequel les images sont associées à des poèmes azerbaïdjanais, et « Le massacre des innocents », livre témoignage plus journalistique, sur l’indépendance, puis les conflits qui ont opposé le pays à l’Arménie. Les livres sont consultables sur place dans le cadre de l’exposition.

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Finissons par cette image d’un cavalier à cheval dans un immense champ de lavande sauvage. « Ça, c’est la liberté… » nous dit simplement Reza, celui qui a photographié les guerres et les barbelés, l’exil et le déracinement…

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L’exposition continue à la mairie du 1er arrondissement jusqu’au 10 septembre !

Azerbaijan, Baku, Old City, Shirvanshah’s Palace, April 24, 2012Dancers from the Azerbaijan State Academic Opera and Ballet Theatre perform a dance inside the Shirvanshah’s palace for a film. The Palace was built as a residence for the Shahs (Kings) in the 15th century when Shamakhi was abandoned as the capital of Azerbaijan. The Palace was severely damaged by a Russian naval bombardment in the 18th century and restoration work has been ongoing ever since. Azerbaïdjan, Bakou, Vieille ville, palais de Chirvanchah, 24 avril 2012.Des danseuses de l’Académie d’État d’opéra et de ballet de l’Azerbaïdjan exécutent une danse à l’intérieur du palais de Chirvanchah pour le tournage d’un film. Le palais a été construit pour être la résidence des shahs (« rois ») au XVe siècle, lorsque Chamakhy a cessé d’être la capitale de l’Azerbaïdjan. Au 18e siècle, le Palais a été gravement endommagé par un bombardement naval russe, les travaux de restauration sont en cours depuis.

Azerbaijan, Baku, Old City, Shirvanshah’s Palace, April 24, 2012Dancers from the Azerbaijan State Academic Opera and Ballet Theatre perform a dance inside the Shirvanshah’s palace for a film. The Palace was built as a residence for the Shahs (Kings) in the 15th century when Shamakhi was abandoned as the capital of Azerbaijan. The Palace was severely damaged by a Russian naval bombardment in the 18th century and restoration work has been ongoing ever since. Azerbaïdjan, Bakou, Vieille ville, palais de Chirvanchah, 24 avril 2012.Des danseuses de l’Académie d’État d’opéra et de ballet de l’Azerbaïdjan exécutent une danse à l’intérieur du palais de Chirvanchah pour le tournage d’un film. Le palais a été construit pour être la résidence des shahs (« rois ») au XVe siècle, lorsque Chamakhy a cessé d’être la capitale de l’Azerbaïdjan. Au 18e siècle, le Palais a été gravement endommagé par un bombardement naval russe, les travaux de restauration sont en cours depuis.

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6 commentaires

  1. Marie Kléber dit

    Superbe témoignage d’amour entre les peuples. Un bel exemple à suivre et des photos sur lesquelles méditer.
    Merci

  2. Pingback: Une journée de shooting à Belleville… #behindthescenes | Gulshaan

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