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L’accessoire déco venu d’Asie du Sud

Il est l’indispensable des maisons d’Asie du Sud, de l’Est de l’Afghanistan à l’Inde, nous avons nommé le charpaï. Littéralement en ourdou, hindi et punjabi, charpaï c’est quatre (char) pieds (pae). Ce lit de bois et de corde tressée est présent dans toutes les cours, dans toutes les maisons, devant toutes les portes, sur tous les toits. Il sert de lit d’appoint, de lit tout court, de canapé, il se transporte d’un bout à l’autre des maisons au gré du nombre d’invités et au rythme des saisons : en hiver il sera à l’intérieur, mais l’été les familles dormiront dans la fraîcheur de la cour ou du toit, sous les étoiles. Il se décline aussi en petits tabourets d’appoint, que les femmes utilisent pour s’accroupir dans les cuisines ou pour frotter le linge dans les bacs emplis d’eau. Les charpaïs sont faits de cordes tressés, ils sont donc très agréables dans la chaleur de l’été car ils laissent passer l’air entre leurs mailles. L’hiver, on rajoute une couverture dessus pour ne pas subir ces courants …

Le jour d’après…

Peu de mot pour décrire l’horreur à l’extrême, pour raconter, pour expliquer ce mélange d’émotions, entre douleur, dégoût, peur, tristesse, lassitude, mais honte aussi… Depuis hier sur les réseaux sociaux pakistanais, on peut lire cette phrase : « les plus petits cercueils sont les plus lourds », ou cette expression pashtoune : « quand ton enfant meurt, tu l’enterres dans ton coeur, il ne meurt vraiment que le jour où toi tu meurs », ou encore ce poème en ourdou : « Maman mon uniforme s’est tâché, ne me gronde pas, Maman mon uniforme s’est teinté de rouge, ne pleure pas », et aussi cet écran noir, qui exprime plus que les mots que l’on ne trouve plus, et enfin toute cette colère, ces cris de désespoir d’un peuple qui s’efforce chaque fois de faire difficilement, courageusement, un pas en avant, pour qu’on le ramène systématiquement dix pas en arrière. Les larmes de la douleur d’avoir dû enterrer ses frères et soeurs coulent encore, mais l’on doit déjà crier au monde que non, nous ne sommes pas eux, il y a un autre Pakistan, d’autres …

Voyage en zones tribales #2

Lors de la première partie de notre voyage en zones tribales, c’est un tableau peu attrayant que nous vous avons dressé, entre drones américains, catastrophes climatiques et terrorisme. Aujourd’hui nous oublions cette triste réalité, car malgré tout, on continue de vivre dans cette partie du Pakistan à la frontière de l’Afghanistan. De plus, c’est dans cette région reculée et mal connue que nous avons choisi de planter le décor de la première collection de Gulshaan, que vous découvrirez bientôt. Nous continuons aujourd’hui notre voyage, en vous parlant du trésor de cette partie du monde : les pierres. Et si il y en a une qui est l’emblème de l’Afghanistan et du nord du Pakistan, c’est bien le lapis lazuli. Cette pierre bleu nuit aux éclats or et blanc aléatoires, que les hommes portent fièrement montée sur de grosses bagues en argent, et que l’on retrouve dans tous les bijoux des femmes, des bijoux de tête aux bracelets de cheville. Autres pierres très présentes mais moins emblématiques : corail, malachite, turquoises, etc. Ces bijoux, pièces uniques …

Gulshaan est né…

Gulshaan est né dans les odeurs de poussière et de feu de bois, là où l’adhan réveille les villes endormies, où les aigles et les cerfs volants se côtoient dans le ciel, où les camions sont aussi colorés que les vêtements des femmes, comme pour cacher une autre misère, là où l’on ne plaisante ni avec l’honneur, ni avec les liens du sang, où la vie ne s’arrête jamais, comme dans un bouillonnement permanent, où les toits des maisons sont le spectacle de tous les secrets… Mais Gulshaan est né aussi en France, dans les rues de la capitale et de sa banlieue, dans la réalité des villes d’ici, des femmes d’ici. C’est le mélange de ces deux univers qui s’est imposé dans une recherche de plus de couleurs, de motifs, d’originalité et de matières non-synthétiques. Une touche d’ailleurs dans une réalité bien d’ici. Le parfum d’ailleurs de Gulshaan, c’est un peu comme quand au détour d’une rue, par surprise, une odeur nous surprend et nous rappelle un horizon lointain que l’on a un jour …

Petit retour aux sources…

Vous nous suivez depuis de longs mois déjà, et nous vous remercions pour votre présence, votre soutien, vos commentaires d’encouragement qui nous sont tellement importants et précieux… L’ouverture de la boutique arrive à grands pas, et un petit retour aux sources s’impose pour la petite équipe Gulshaan, qui prend son envol pour le Pakistan, avant de vous revenir dans deux semaines et vous inonder d’images nouvelles… Nous ne serons donc pas en mesure de répondre à vos mails ou vos messages pendant les deux semaines à venir, merci de votre compréhension. Et un petit proverbe pakistanais s’impose ici : celui qui n’a pas vu Lahore n’est pas encore né…

Un parfum d’autre chose…

Le temps s’est rafraîchi, les premières feuilles sont tombées. C’est la fin de quelque chose, le début d’autre chose. Chez Gulshaan, le décor de la première collection s’installe doucement, et peut-être que vous avez senti ce changement d’ambiance, cette entrée dans une saison nouvelle, dans de nouveaux lieux. Peut-être que vous avez senti un vent d’Himalaya pénétrer chez vous, et que vous devinez déjà des couleurs et un parfum particuliers, faits de fleurs sauvages et d’horizons lointains, mais pourtant si proches, d’une pointe de traditionnel mélangée à du résolument moderne. Le 17 octobre, nous vous avions promis sur la page de vous dévoiler le nom de la collection, mais nous vous laissons encore un peu dans l’attente, le temps de vous acclimater. Ce que l’on peut vous dire, c’est que chez Gulshaan, vous trouverez de quoi passer l’hiver chaudement, autant en matières qu’en couleurs, de manière ethnique et élégante. Dans un prochain article, nous vous en dirons un peu plus sur les accessoires qui accompagneront vos tenues Gulshaan, et nous continuerons le voyage que nous …

Voyage en zones tribales #1

Nous commençons aujourd’hui un voyage qui nous tenait à cœur. Pourquoi ce voyage, parce que c’est précisément dans ces endroits préservés que se situe le coeur de Gulshaan, c’est de ces territoires vrais, à l’identité forte, que nous puisons notre inspiration, loin du côté paillettes et bollywood dont on a parfois l’image quand on parle de vêtements ou de bijoux pakistanais et afghans, ce qui serait complètement erroné. Nous vous emmenons en territoire pashtoune, le pays des hommes durs comme leurs montagnes, où l’honneur est le plus grand trésor que l’on puisse posséder. Un trésor fragile et impalpable, car il ne se perd qu’une seule fois. Les pashtounes ne sont ni pakistanais, ni afghans, ils sont pashtounes, et n’ont jamais reconnu la frontière tracée par les britanniques, qui espéraient ainsi diviser leurs tribus invincibles, et la passe de Khyber qui sépare les deux pays est traversée quotidiennement dans un sens comme dans l’autre. Il existe encore peu de peuples sur terre, au vingt-et-unième siècle, qui aient su préserver aussi bien leur authenticité, et qui restent aussi …

La petite fille de la vallée de Swat

Le prix Nobel de la Paix 2014 a cette semaine été décerné à Malala Yousafzai (Malalai en pashto), qui en devient, à seulement 17 ans, la plus jeune lauréate. Malala écrivait clandestinement un blog pour la BBC en ourdou, témoignage quotidien d’une jeune fille de la vallée de Swat vivant sous l’occupation des Taliban et luttant pour continuer à étudier. C’est ce qui avait conduit à son agression par les Taliban dans car scolaire il y a deux ans, et elle avait miraculeusement survécu à une balle dans la tête. Depuis, Malala est devenue un symbole dans le monde, mais surtout avant tout dans son propre pays, le Pakistan. Malala est jeune, et forcément politisée et instrumentalisée, et c’est ce qui lui est souvent reproché au Pakistan, où l’on s’afflige de ne voir parler que de Malala à l’étranger, alors que l’on omet de mentionner les bombardements des drones américains sur le sol pakistanais. Nombreux sont ceux à l’étranger, des associations féministes aux islamophobes, qui cherchent à tirer parti de ce qu’elle représente désormais : …

Bridal Fashion Week, la saison des mariages commence

Même si Gulshaan ne fait pas dans le bling-bling, nous ne résistons pas à l’envie de partager avec vous ce qui se passe en ce moment à Lahore au Pakistan. La Bridal Fashion Week, ou la Fashion Week des collections mariées a commencé hier, et ça vaut le détour. Parce qu’effectivement, une fois les lourdes chaleurs de l’été et la mousson passées (et les inondations accessoirement), la vie reprend, et la saison des mariages commence. Aux mois d’octobre et de novembre, il ne se passe pas un jour sans que l’on ne croise la voiture décorée de fleurs d’une mariée prête à rejoindre sa nouvelle demeure.   Les designers pakistanais ont donc bien choisi le moment pour présenter leurs collections mariée. Même si ces tenues sont hors de prix, et bien loin du budget du pakistanais moyen, rien n’empêche de regarder, pour le plaisir des yeux. Le prix n’a rien d’illogique, quand on sait que les artisans passent des jours sur une seule pièce, à broder chaque perle à la main. Un vrai travail de …

Dupatta, ou l’immense voile pakistanais

Vous l’avez découvert ou redécouvert avec Gulshaan, et certaines ont été surprises de sa taille et de la beauté de ses motifs. Le dupatta, c’est l’une des trois pièces du shalwar kameez, la tenue traditionnelle pakistanaise, composée donc du shalwar (pantalon), du kameez (longue tunique), et d’un long et large voile, le dupatta. Comme vous avez pu le voir, le dupatta est immense, il mesure de un mètre sur deux à un mètre cinquante sur deux mètres cinquante, pour la seule bonne raison qu’il est un vêtement en lui-même. Dans les lourdes chaleurs du Pakistan, c’est de lui que l’on s’enroule pour préserver sa pudeur, et il couvre effectivement tout le corps. Souvent, les femmes le transforment en niqab en le rabattant devant le visage (et en le faisant tenir sans épingles !). Les pakistanaises préfèrent parfois avoir un dupatta « de sortie », moins coloré et plus simple, qu’elle enroulent autour d’elles avant de sortir, recouvrant ainsi le dupatta plus coloré qu’elle portent avec leur tenue. A la maison, il est porté de manière plus relâchée, …